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Népal : la catasrophe de Rasuwa

vendredi 23 octobre 2026, par Yves

Le Népal, ce pays à propos duquel on n’écrit qu’en cas de catastrophe.
Nepal, a country that only makes the news when there’s a disaster.

Le Népal est un pays sur lequel on n’écrit jamais, seuls les alpinistes occidentaux retiennent l’attention même si en passant on mentionne les Sherpa qui sont morts en travaillant pour eux.

I LES FAITS

L’auteur de ces lignes s’était félicité que des élections aient eu lieu le 7 avril et qu’elles aient permis de se débarrasser des gérontes qui se relayaient au pouvoir depuis 2015, dont plusieurs avaient déjà été de longue date premiers ministres, ils y bénéficiaient d’avantages quasi mafieux auxquels ils n’entendaient pas renoncer.

Voilà que la catastrophe de Rasuwa, symbolisée par la vague qui a submergé le poste-frontière Népal-Tibet de Gyirong, a le 26 août vers 10h30 fait au moins 7000 victimes, presque autant que le séisme de 2015. La puissance des flots a emporté certains jusqu’à 180 kilomètres en aval. L’armée et la police ont néanmoins secouru près de 14.000 personnes, souvent réfugiées sur des versants escarpés. Selon le ministère de l’Éducation, 9 430 enfants sont directement touchés par la perte d’un parent ou la destruction de leur maison ou de leur école. Selon l’UNICEF, 17 000 enfants ont besoin d’un soutien en santé mentale. Les crues ont endommagé ou détruit 35 établissements scolaires.

Et voilà que la coulée mortelle vient de se reproduire le 11 octobre dans une autre région montagneuse alors même qu’on n’a pas encore identifié la majorité de ceux qui ont péri le 26 août, et cela peut durer longtemps avec de lourdes conséquences pour les survivants, en particulier les enfants faute de certificat de décès de leurs parents.

II UNE CATASTROPHE PREVISIBLE

Comme l’écrit le Nepali Times dès le 30 août, la catastrophe était tout sauf imprévue même si certains ont douté de l’authenticité des images sous leurs yeux. La tragédie, ce n’est pas seulement l’inondation, c’est qu’on a du mal à y croire, n’était-ce pas de la « réalité augmentée » se demande son fondateur, Kunda Dixit ?

Au pouvoir depuis à peine 6 mois, le RSP (parti au pouvoir) a été confronté à ce phénomène aux dimensions épiques.

La catastrophe a mis en lumière l’incapacité des pouvoirs précédents à faire face à un changement climatique qui, certes, n’est pas principalement dû au Népal mais que les pouvoirs publics n’ont pas su prévoir alors que les cris d’alarme d’ICIMOD repris par le Nepali Times dès 2015 n’avaient pas manqué.

Car c’est bien le dérèglement du climat qui est la première cause du torrent de boue et débris de 80 m de haut au poste-frontière avec le Tibet occupé par la Chine de Gyirong qui a tout emporté en débordant du cours de la rivière Trishuli, d’ordinaire paisible torrent de montagne. Un morceau de glace et de roche s’est détaché de la face nord du mont Langtang Lirung, à environ 5.200 m d’altitude et a plongé environ 800 mètres plus bas sur un glacier. « Sur une pente extrêmement forte, la gravité a rapidement accéléré l’eau et les débris », selon le rapport du géologue Sudan Bikash Maharjan, du Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) qui a estimé à 142 millions de mètres cubes le volume qui a déferlé dans la vallée. Cette masse a parcouru une distance de 20 km en à peine sept minutes.

La catastrophe a fait en Chine un nombre inconnu de victimes : au moins 43 morts et entre 260 et plus de 500 disparus officiellement, mais on sait qu’en Chine la réalité est souvent différente. Le président chinois Xi Jinping a certes ordonné « la mobilisation de tous les moyens » afin de secourir les blessés et de minimiser les pertes humaines après ce drame.

Le lendemain, les autorités népalaises, prévenues par celles de Chine, ont averti leurs compatriotes que le torrent mortel risquait de continuer sa course en aval. En même temps, elles demandaient aux aides étrangères de ne pas porter directement secours mais d’offrir leur assistance à une liste de besoins que les pouvoirs publics identifieraient, réaction nationaliste déjà à l’œuvre dans d’autres catastrophes.

On a cru à un séisme mais il est vite apparu que c’était la catastrophe qui avait provoqué un tremblement de terre d’une magnitude de 5,2 et non l’inverse.

Des agences internationales de presse – beaucoup d’étrangers, notamment des pélerins indiens, se trouvaient parmi les victimes - ont rapidement fait le lien avec des risque similaires ailleurs au Népal comme dans d’autres pays himalayens.

Même le Président Trump, ému par la catastrophe et sensible à la présence d’Américains parmi les victimes, s’est engagé à fournir au Népal « tout ce dont il aurait besoin ». Idem pour l’Australie, qui est passée par des organisations internationales comme le programme alimentaire mondial (PAM) et l’Inde. Le journaliste Kunda Dixit observe qu’à ses débuts comme correspondant, il fallait être conforme aux 4Ns - New, Near, Negative and North- pour être publié. Ca s’est un peu amélioré : les medias aiment les catastrophes même au Sud…

Les inondations et les glissements de terrain sont pourtant fréquents pendant la mousson d’été (juin-septembre) au Népal et dans toute l’Asie du Sud. Mais selon les scientifiques, le réchauffement climatique, s’il n’explique pas tout, accroît leur intensité et leur fréquence.

Les fuméees suscitées par l’écobuage, la cuisson des briques, les usines qui créent un effet de serre, une circulation automobile anarchique dans toute l’Asie du Sud figurent parmi les causes de la fonte des glaciers, 2 fois plus rapide dans l’Himalaya qu’au niveau du sol.

Se rendant à la semaine des Nations Unies qui permet à tous, même les plus pauvres dont fait partie le Népal de se faire entendre, le Premier ministre Balen Shah a rappelé que son pays n’était à l’origine que de 0,05% des gaz à effet de serre, mais il est de ceux qui en souffrent le plus.

La Banque mondiale a particulièrement étudié les conséquences pour l’économie népalaise. Elle estime les dommages causés par la catastrophe à environ 2,7 Mds USD (estimation supérieure à celle du Népal qui s’établissait à 1,81 Mds USD). Les besoins de financement pour la reconstruction sont quant à eux estimés à 4,8 Mds USD par les autorités nationales.

La Banque identifie 3 canaux principaux :

· l’énergie, notamment les productions hydroélectrique et photovoltaïque (quinze équipements hydroélectriques qui produisaient ou allaient produire 753 MW) et avaient coûté 3,4 Mds euro dont 10,6% de la capacité installée a été affectée par les crues.

· la logistique et les transports : le corridor de Rasuwagadhi, endommagé, représente à lui seul 10,8% des importations népalaises en provenance de Chine. Des centaines de voitures électriques chinoises qui attendaient au poste-frontière leur agrément ont été emportées.

· le secteur du tourisme a vu 200 de ses hôtels et restaurants frappés par les inondations auquel s’ajoute un assèchement des flux touristiques.

Qui devrait payer pour les dégâts et à quel niveau ?

L’eau n’avait pas encore séché qu’une horde de journalistes étrangers avaient déjà écrit leurs articles parfois sans quitter leur bureau...

III LES CAUSES REELLES

On peut citer la suie, ou carbone noir, qui en tombant sur la glace la fait fondre à vive allure, mettant le sol à nu. L’équilibre naturel est rompu et l’Himalaya sous les gaz à effet de serre ou les dépôts de suie

est entrainé dans le désastre.

Comme le signale l’écrivain Kanak Dixit, le concept de « pralaya » (annihilation cosmique) a été utilisé par les ingénieurs et politiciens népalais pour décrire la catastrophe de Rasuwa.

Mais l’économie de marché, poursuit-il, est également en cause en suscitant la concentration des populations autour des routes, donc le long des fleuves. Quant aux barrages hydroélectriques, ils ont également été installés aux mêmes endroits afin de tirer profit de la forte pente des chutes d’eau en montagne.

Il faut aussi souligner la perte du permafrost himalayen, un sujet académique jusqu’au débordement de Rasuwa mais qui est sans doute à l’origine de nombreuses catastrophes survenues depuis 2013.

On le sait, la plaque himalayenne pousse depuis 50 millions d’années la plaque eurasienne, ce qui fragilise la montagne qui n’est pas immuable et subit depuis des siècles des inondations dues aux lacs glaciaires (GLOFs, terme le plus communément utilisé). La vallée de Pokhara, deuxième ville du pays, est le réultat d’un tel cataclysme survenu en l’an 1190 de notre ère (effondrement partiel de l’Annapurna) et aggravé par les dépôts sédimentaires.

Plusieurs analyses scientifiques révèlent que le changement climatique a contribué à la fonte du pergélisol qui maintient en partie la cohésion des hautes parois montagneuses et à l’amincissement des glaciers.

Il faut néanmoins être précis : attribuer une catastrophe particulière au changement climatique n’équivaut pas à dire que celui-ci en serait la cause unique. Dans un événement de cette nature interviennent la géologie, le relief, la glace, l’eau et différents phénomènes locaux. Le changement climatique agit notamment en modifiant les conditions dans lesquelles ces risques se produisent.

Comme le dit B. Horton, doyen de l’Institut de l’énergie de Hong Kong, « la tragédie de Rasuwa s’est produite dans une région où le réchauffement est plus rapide que la moyenne, le permafrost se dégrade et les pentes des montagnes sont moins stables (..) le Népal a perdu 1/3 de sa glace au cours des 30 dernières années » et cela se voit.

Localement, les villages népalais étaient traditionnellement construits en hauteur car les anciens connaissaient le risque d’inondation des fonds de vallée, utilisés seulement pour les rizières. Le modèle de développement appuyé sur les routes de bord de cours d’eau vers la Chine, en particulier quand l’Inde avait instauré le blocus en 2015 dans un Népal éprouvé par le tremblement de terre et que la « China card » paraissait une alternative, s’est retourné contre le pays.

Les habitants n’ayant pas péri ont immédiatement passé des coups de fil plus bas dans la vallée pour annoncer qu’une vague dévalant à plus de 120 km/h allait les frapper de plein fouet. Le maire du district de Rasuwa a eu 20 minutes pour avertir sa population.

Habitués aux inondations, beaucoup n’en ont pas perçu la gravité exceptionnelle. Il faudrait, comme en Suisse, un sytème d’alerte plus efficace.

IV UN PROBLEME GEOPOLITIQUE

Le problème est donc politique : n’est-ce pas à un Etat himalayen comme le Népal de convaincre ses immenses voisins - Inde, Chine, Pakistan – où se trouvent bien d’autres régions de traiter cet enjeu ?

Et au-delà, n’est ce pas aux pays riches du Nord de payer la facture quand le Népal, 52ème population mondiale, n’émet que 0.03 à 0.05 % des gaz à effet de serre ?

Le dérèglement climatique frappe l’Asie du Sud très peuplée plus encore que d’autres régions, or les Universités où l’on apprend à réaliser des infrastructures se situent le plus souvent au Nord. L’Asie méridionale est divisée, en particulier entre l’Inde et le Pakistan souvent en guerre, et incapable de s’entendre sur une politique commune en particulier cn matière d’environnement alors que l’organisation commune (SAARC) a justement son siège à Katmandou où aucun sommet n’a pu se tenir depuis 2014...

CONCLUSION : QUI VA PAYER ?

Lors de son discours devant l’ONU le jeudi 24 septembre, le Premier ministre népalais a appelé les pays de la communauté internationale à intensifier leurs efforts pour aider son pays à s’adapter à l’urgence climatique. "Le Népal a contribué à moins de 0,1% des émissions globales de gaz à effet de serre. Nous n’avons pas créé cette crise, et pourtant nous en payons le prix", a insisté Balendra Shah devant l’Assemblée générale de l’ONU. Il a proposé de créer un "mécanisme de résilience climatique himalayen", comprenant le Népal ainsi que la Chine et l’Inde qui leur permettrait de partager des données satellitaires et leur expertise, de surveiller les lacs glaciaires et de renforcer les systèmes communs d’alerte.

De fait, le fonds des Nations unies pour les pertes et les dommages , créé en 2022 à la suite des inondations catastrophiques au Pakistan et après une décennie de débats houleux, n’a toujours pas effectué son premier versement et souffre d’un grave déficit de financement.

Faisant chorus, Kunda Dixit observe que son pays a doublé sa surface forestière ces 30 dernières années et que 25% est en zones protégées, toute l’électricité est hydro et le Népal arrive au 2ème rang mondial après la Norvège en pourcentage de nouveaux véhicules électriques.

Mais il faut aussi balayer devant sa porte en réduisant l’usage des combustibles fossiles qui constituent 17% des importations : celles-ci sont financées par les virements de l’immigration ( 1/3 du PIB) que menace le blocage du détroit d’Ormuz.

Derrière le drame népalais ressurgit une question que trente ans de diplomatie climatique n’ont toujours pas vraiment réglée : quand certains pays ont largement contribué à détériorer le climat et que d’autres en paient les conséquences, qui doit payer la facture ?

Le paradoxe est qu’en même temps a été instauré un mécanisme juridique pour que la reconnaissance des dégâts ne signifie pas automatiquement celle d’une dette et pour que financer les victimes ne transforme pas les grands émetteurs historiques en débiteurs responsables.
La catastrophe népalaise pourrait constituer le premier « vrai test » pour les coordonnateurs de ce fonds expliquait au magazine environnemental Drilled le chef-négociateur du Népal pour le climat. « Ce fonds international est-il prêt à répondre lorsque se présentent des pertes et des dommages à une telle échelle ? ».

Quant à lui, le directeur général de l’Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe a indiqué que le gouvernement prévoyait de déclarer les zones riveraines et autres zones touchées par la catastrophe « impropres à l’habitation ». Il a également précisé que le gouvernement sélectionnait actuellement des sites sûrs pour un relogement à long terme et s’employait à relocaliser les écoles, les hôpitaux et d’autres infrastructures. Cela coûtera cher et il compte demander l’aide du Japon, habitué aux catastrophes.

Enfin, le gouvernement prévoit de lancer dès l’exercice 2026 une opération de grande envergure visant à vidanger quatre lacs glaciaires situés en haute montagne avec l’apport du Fonds vert pour le climat et du PNUD.

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Nepal : the Rasuwa disaster.

Nepal is a country about which very little is said. Whilst only Western mountaineers attract attention, the deaths of the Sherpas who worked for them are, at best, only briefly mentioned.

I The facts

The author of this article had welcomed the fact that elections had taken place on 7 April and that they had made it possible to rid the country of the gerontocracy that had been taking turns in power since 2015, several of whom had already served as prime ministers for many years and enjoyed quasi-mafia-like privileges that they had no intention of giving up.

Now, the Rasuwa disaster – symbolised by the floodwave that engulfed the Gyirong border post between Nepal and Tibet – claimed at least 7,000 lives at around 10.30 am on 26 August, almost as many as the 2015 earthquake. The force of the floodwaters carried some people as far as 180 kilometres downstream. Nevertheless, the army and police rescued nearly 14,000 people, many of whom had taken refuge on steep hillsides. According to the Ministry of Education, 9,430 children have been directly affected by the loss of a parent or the destruction of their home or school. According to UNICEF, 17,000 children are in need of mental health support. The floods have damaged or destroyed 35 schools.

And now this deadly mudslide has just struck again on 11 October in another mountainous region, even though the majority of those who perished on 26 August have not yet been identified ; this situation could drag on for a long time, with serious consequences for the survivors, particularly the children, who lack their parents’ death certificates.

II A predictable disaster

As the Nepali Times reported as early as 30 August, the disaster was anything but unexpected, even though some doubted the authenticity of the images before their eyes. The tragedy is not just the flooding itself, but the fact that it is hard to believe ; ‘Wasn’t this “augmented reality” ?’ wonders its founder, Kunda Dixit.

Having been in power for barely six months, the RSP (the ruling party) was confronted with this phenomenon of epic proportions.

The disaster has highlighted the previous governments’ inability to cope with climate change, which, admittedly, is not primarily caused by Nepal, but which the authorities failed to anticipate, despite the warnings from ICIMOD, reported by the Nepali Times as early as 2015.

For it is indeed climate change that is the primary cause of the 80-metre-high torrent of mud and debris at the Gyirong border post with Chinese-occupied Tibet, which swept everything away as it burst its banks along the Trishuli River – ordinarily a peaceful mountain stream. A chunk of ice and rock broke away from the north face of Mount Langtang Lirung, at an altitude of around 5,200 metres, and plunged some 800 metres down onto a glacier. “On an extremely steep slope, gravity rapidly accelerated the water and debris,” according to the latest report, which estimated the volume that surged down into the valley at 142 million cubic metres. This mass travelled a distance of 20 km in barely seven minutes.

The disaster has claimed an unknown number of victims in China : at least 43 dead and between 260 and more than 500 officially reported missing, though it is well known that the reality in China is often different. Chinese President Xi Jinping has, however, ordered “the mobilisation of all resources” to rescue the injured and minimise the loss of life following this tragedy.

ng day, the authorities – having been alerted by China – warned that the deadly torrent was likely to continue its course downstream. At the same time, they asked foreign aid organisations not to provide direct relief but to offer assistance in response to needs identified by the public authorities – a nationalist response that had already been seen in other disasters.

It was initially thought to be an earthquake, but it soon became clear that it was the disaster that had triggered a 5.2-magnitude earthquake, and not the other way round.

International news agencies – many foreigners, notably Indian pilgrims, were among the victims – quickly drew parallels with similar risks elsewhere in Nepal and in other Himalayan countries.

Even President Trump, moved by the disaster and mindful of the presence of Americans amongst the victims, pledged to provide Nepal with ‘whatever it might need’. The same goes for Australia, which channelled its aid through international organisations such as the World Food Programme (WFP) and India. The journalist Kunda Dixit observes that, in his early days as a correspondent, one had to adhere to the 4Ns – New, Near, Negative and North – to get published. Things have improved somewhat : the media love disasters, even in the Global South…

Floods and landslides are, however, common during the summer monsoon (June–September) in Nepal and throughout South Asia. But according to scientists, global warming – whilst not explaining everything – is increasing their intensity and frequency.

Smoke from slash-and-burn farming, brick-firing, factories creating a greenhouse effect, and unregulated road traffic across South Asia are among the causes of glacier melt, which is occurring twice as fast in the Himalayas as at sea level.

Attending the United Nations week, which gives everyone – even the poorest countries, including Nepal – a voice, Prime Minister Balen Shah pointed out that his country was responsible for just 0.05 per cent of greenhouse gas emissions, yet it is among those suffering the most.

The World Bank has carried out a detailed study of the consequences for the Nepalese economy. It estimates the damage caused by the disaster at around US$2.7 billion (a higher figure than Nepal’s own estimate of US$1.81 billion). The funding required for reconstruction is estimated by the national authorities at US$4.8 billion.

The Bank identifies three main sectors :

– energy, notably hydroelectric and photovoltaic generation (fifteen hydroelectric plants that were generating or were due to generate 753 MW) and had cost 3.4 billion euros, of which 10.6 per cent of the installed capacity was affected by the floods.

– logistics and transport : the Rasuwagadhi corridor, which was damaged, accounts for 10.8 per cent of Nepal’s imports from China on its own. Hundreds of Chinese electric cars waiting at the border post for clearance were swept away.

– The tourism sector saw 200 of its hotels and restaurants hit by the floods, compounded by a sharp decline in tourist numbers.

Who should pay for the damage, and at what level ?

The water had not yet receded when a horde of foreign journalists had already written their articles, in some cases without even leaving their offices...

III The Real Causes

One example is soot, or black carbon, which, when it falls onto the ice, causes it to melt rapidly, exposing the ground beneath. The natural balance is disrupted and the Himalayas, under the influence of greenhouse gases or soot deposits, are being driven towards disaster.

As the writer Kanak Dixit points out, the concept of ‘pralaya’ (cosmic annihilation) has been used by Nepalese engineers and politicians to describe the Rasuwa disaster.

But the market economy, he continues, is also to blame, citing the concentration of populations around roads, and therefore along rivers. As for hydroelectric dams, these too have been built in the same locations to capitalise on the steep gradient of mountain waterfalls.

We must also highlight the loss of Himalayan permafrost, a subject of academic debate until the Rasuwa flood but which is undoubtedly at the root of many disasters that have occurred since 2013.

As is well known, the Himalayan plate has been pushing against the Eurasian plate for 50 million years, which weakens the mountain range – which is not immutable – and has for centuries been subject to flooding caused by glacial lakes (GLOFs, the most commonly used term). The Pokhara Valley, home to the country’s second-largest city, is the result of such a cataclysm that occurred in the year 1190 AD (a partial collapse of Annapurna) and was exacerbated by sedimentary deposits.

Several scientific studies have shown that climate change has contributed to the thawing of the permafrost – which partly holds the steep mountain faces together – and to the retreat of glaciers.

However, we must be precise : attributing a particular disaster to climate change is not the same as saying that it is the sole cause. Events of this nature involve geology, topography, ice, water and various local phenomena. Climate change acts, in particular, by altering the conditions under which these risks occur.

As B. Horton, Dean of the Hong Kong Institute of Energy, says, ‘the tragedy in Rasuwa occurred in a region where warming is faster than average, the permafrost is degrading and the mountain slopes are less stable (..) Nepal has lost a third of its ice over the last 30 years’ – and this is evident.

Locally, Nepalese villages were traditionally built at higher altitudes because the elders were aware of the risk of flooding in the valley floors, which were used solely for rice fields ; a development model reliant on riverside roads leading to China – particularly when India imposed a blockade in 2015 on a Nepal still reeling from the earthquake and the ‘China card’ seemed like an alternative – has backfired on the country.

Those residents who had survived immediately rang people further down the valley to warn them that a wave travelling at over 120 km/h was about to hit them with full force. The mayor of the Rasuwa district had 20 minutes to warn his residents.

Accustomed to flooding, many failed to realise the exceptional severity of the situation. A more effective warning system, such as that in Switzerland, is needed.

IV A geopolitical problem

The problem is therefore a political one : is it not up to a Himalayan state such as Nepal to convince its vast neighbours – India, China and Pakistan – where there are many other regions – to address this issue ?

And beyond that, is it not up to the wealthy countries of the North to foot the bill, given that Nepal, with the world’s 52nd largest population, emits only 0.03 to 0.05 per cent of greenhouse gases ?

Climate change is affecting densely populated South Asia even more severely than other regions, yet the universities where people learn to build infrastructure are mostly located in the North. South Asia is divided, particularly between India and Pakistan, which are frequently at war, and unable to agree on a common policy, particularly on environmental matters, whilst the regional organisation (SAARC) has its headquarters in Kathmandu, where no summit has been held since 2014...

Conclusion : who will pay ?

In his address to the UN on Thursday 24 September, the Nepalese Prime Minister called on the international community to step up its efforts to help his country adapt to the climate emergency. “Nepal has contributed less than 0.1 per cent of global greenhouse gas emissions. We did not create this crisis, and yet we are paying the price,” insisted Balendra Shah before the UN General Assembly. He proposed setting up a “Himalayan climate resilience mechanism”, comprising Nepal, China and India, which would enable them to share satellite data and expertise, monitor glacial lakes and strengthen joint early-warning systems.

In fact, the fund, established in 2022 following the catastrophic floods in Pakistan and after a decade of heated debate, has still not made its first disbursement and is suffering from a serious funding shortfall.

Echoing this sentiment, Kunda Dixit notes that his country has doubled its forest cover over the last 30 years and that 25 per cent is within protected areas ; all its electricity is hydro-generated ; and Nepal ranks second in terms of electric vehicle purchases.

But the country must also put its own house in order by reducing its use of fossil fuels, which account for 17 per cent of imports : these are financed by remittances from the diaspora (one-third of the GDP), which are threatened by a blockade of the Strait of Hormuz.

Behind the Nepalese crisis lies a question that thirty years of climate diplomacy have still not truly resolved : when some countries have contributed significantly to climate change whilst others bear the consequences, who should foot the bill ?

The paradox is that, at the same time, a legal mechanism has been put in place to ensure that acknowledging the damage does not automatically imply the existence of a debt, and that providing funding for the victims does not turn the major historical emitters into liable debtors.

The disaster in Nepal could be the first ‘real test’ for the fund’s coordinators, Nepal’s chief climate negotiator explained to the environmental magazine Drilled. ‘Is this international fund ready to respond when losses and damage on such a scale occur ?’

For his part, the Director-General of the National Authority for Disaster Risk Reduction and Management stated that the government planned to declare coastal areas and other areas affected by the disaster ‘unfit for habitation’. He also explained that the government was currently selecting safe sites for long-term rehousing and was working to relocate schools, hospitals and other infrastructure. This will be costly, and he intends to seek assistance from Japan, which has extensive experience of dealing with disasters.

Finally, the government plans to launch a large-scale operation as early as the 2026 financial year to drain four glacial lakes located in the high mountains, with support from the Green Climate Fund and the UNDP.