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Insécurité alimentaire

vendredi 21 août 2026, par Yves

Le changement climatique est mondial et les problèmes qu’il crée ou accentue sont globaux.
Climate change is a global phenomenon, and the problems it creates or exacerbates are global in nature.

L’auteur de ces lignes a assisté récemment à un Webinaire qui mettait en présence par micros interposés (ce qui entrainait quelques suspensions techniques) 4 experts situés dans 4 lieux différents dont la modératrice Céline Pajon (IFRI Institut Français des Relations Internationales) à Paris, la représentante au Japon de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) Hibi Eriko, un résident de l’ISEAS ( Institute of Southeast Asian Studies, think tank singapourien de haut niveau), Paul Teng et une chercheure indienne Shoba Suri. 4 cultures et accents différents pas toujours faciles à suivre mais un seul message se dégage : toute la planète (le débat ne portait que sur l’Asie) est touchée par le changement climatique et en souffre au point que la sécurité alimentaire est menacée. Chacun a mis l’accent sur des aspects différents mais complémentaires.
Après une courte introduction de la modératrice, Mme Hibi Eriko mettait l’accent sur ces deux points :
  l’infériorisation des agricultrices coûtait en 2025 1000 Milliards USD ;
  la canicule pesait en particulier sur les récoltes de riz, les produits laitiers et les produits de la pêche ; 75% des exploitations en sont frappées.
Selon Paul Teng, le changement climatique se traduit par une sécheresse accrue et par la crise d’El Niño, phénomène récurrent en Asie tropicale mais cette année caractérisé par un réchauffement anormal des eaux de surface du Pacifique équatorial.
Pour y faire face, il n’y a pas de solution uniquement nationale : il faut une résistance collective.
Mme Pajon se demandait alors où trouver une telle plateforme sur le plan régional. Mme Suri, focalisée sur l’action du gouvernement indien, soulignait que celui-ci habitué à faire un moindre cas des pays voisins avait une politique très indo-centrée.
A l’inverse, M. Teng mettait en avant le rôle positif joué par l’ASEAN surtout dans sa version ASEAN+3 où excellait le Japon, plus gros financeur d’aide au développement de la région à travers la JICA.
Mme Hibi rappelait que les organisations subsidiaires des Nations Unies sont coopératives par nature et c’est le cas de la sienne, la FAO. Elle dispose d’un appareil statistique accessible à tous ses membres mais la fiabilité de celles-ci dépend des Etats qui la composent. Parmi les données les plus importantes, car elles constituent une référence indispensables au commerce international, celles du Codex alimentarius.
Répondant à une question d’auditeur, M. Teng soulignait que la connaissance ne reposait pas seulement sur les ordinateurs mais aussi sur un savoir ancestral : comment planter ? quelle quantité d’eau pour une bonne croissance des plantes, donnée essentielle en ces temps de changement climatique ? etc.
Mme Hibi mentionnait le rapide vieillissement au Japon alors que l’agriculture est physiquement très exigeante pour un revenu faible. Or les nouvelles technologies sont parfois trop chères pour une agriculture familiale. La FAO favorise donc la mise à disposition de ces technologies.
M.Teng rappelait les limites du rôle des Etats : ce sont plutôt des ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui savent opérer les trransfets de technologie.
Enfin, Mme Hibi indiquait que sur le prix payé par le consommateur, 70 à 75% ne rémunéraient pas le producteur de denrées alimentaires. Il faudrait donc améliorer la productivité des intermédiaires, ce qui posait le problème de la chaine du froid surtout dans les pays chauds et de la chaine d’approvisionnement (supply chain).
Conclusions
1/ Le changement climatique est une question mondiale et appelle à un traitement global, faute de quoi les températures ne pourront qu’augmenter.
2/ C’est à juste titre que le rôle des ONG et autres associations a été mis en exergue. Les Etats peuvent et doivent subventionner, mais leurs critères sont plus souvent politiques que guidés par une allocation rationnelle de budgets qu’ils cherchent généralement à comprimer.
3/ Bien que les programmes relevant du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et d’autres Organisations Internationales soient indispensables, des organisations régionales comme l’ASEAN permettent une action collective que la dégradation des conditions météorologiques rend encore plus nécessaire.
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The author of this article recently attended a webinar which brought together, via microphones (which led to a few technical glitches), four experts located in four different places, including the moderator Céline Pajon (IFRI – French Institute of International Relations) in Paris, the FAO (Food and Agriculture Organisation of the United Nations) representative in Japan Hibi Eriko, a fellow at ISEAS (Institute of Southeast Asian Studies, a leading Singaporean think tank), Paul Teng and an Indian researcher, Shoba Suri. Four different cultures and accents, not always easy to follow, but a single message emerged : the entire planet (although the debate focused solely on Asia) is affected by climate change and is suffering to such an extent that food security is under threat. Each speaker emphasised different but complementary aspects.

Following a brief introduction by the moderator, Ms Hibi Eriko highlighted these two points :
 the marginalisation of women farmers cost USD 1,000 billion in 2025 ;
 the heatwave had a particularly severe impact on rice, dairy and fisheries crops ; 75 per cent of farms were affected.
According to Paul Teng, climate change is resulting in increased drought and the El Niño crisis, a recurring phenomenon in tropical Asia but one characterised this year by abnormal warming of the surface waters of the equatorial Pacific.
There is no purely national solution to this ; collective resilience is required.
Ms Pajon then wondered where such a platform might be found at regional level. Ms Suri, focusing on the Indian government’s actions, emphasised that the government – accustomed to paying little heed to neighbouring countries – had a highly India-centred policy.
Conversely, Mr Teng highlighted the positive role played by ASEAN, particularly in its ASEAN+3 format, in which Japan excelled as the region’s largest provider of development aid through JICA.
Ms Hibi pointed out that the subsidiary organisations of the United Nations are cooperative in nature, and this is true of her own organisation, the FAO. It has a statistical system accessible to all its members, but the reliability of the statistics depends on the member states themselves. Among the most important data—as they constitute an essential reference for international trade—are those from the Codex Alimentarius.
Responding to a question from a member of the audience, Mr Teng emphasised that knowledge does not rely solely on computers but also on ancestral wisdom : how to plant ; how much water is needed for plants to grow well – an essential factor in these times of climate change ; and so on.
Ms Hibi mentioned the rapid ageing of the population in Japan, whilst agriculture is physically very demanding for such a low income. However, new technologies are sometimes too expensive for family farms. The FAO therefore promotes the provision of these technologies.
Mr Teng highlighted the limitations of the role of governments : it is rather NGOs (Non-Governmental Organisations) that are best placed to facilitate technology transfer.
Finally, Ms Hibi pointed out that, of the price paid by the consumer, 70 to 75 per cent did not go to the food producer. It would therefore be necessary to improve the productivity of intermediaries, which raised the issue of the cold chain – particularly in hot countries – and the supply chain.

Conclusions
1/ Climate change is a global issue and requires a global response ; otherwise, temperatures will inevitably rise.
2/ The role of NGOs and other organisations has rightly been highlighted. Governments can and must provide funding, but their criteria are more often political than guided by a rational allocation of budgets, which they generally seek to cut.
3/ Although programmes run by the UNDP (United Nations Development Programme) and other international organisations are essential, regional organisations such as ASEAN enable collective action, which is made all the more necessary by deteriorating weather conditions.


Voir en ligne : https://www.gavroche-thailande.com/