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Népal

vendredi 3 avril 2026, par Yves

Népal : les élections ont eu lieu
Nepal : elections have been completed

Népal, les élections ont eu lieu

NB : merci aux amis Népalais qui ont permis cette rédaction au plus près du réel, notamment Sujeev Shakya, Kunda Dixit fondateur et éditorialiste de l’hebdomadaire Nepali Times, et la revue de presse de l’ambassade de France.

Des élections ont eu lieu, n’est-ce pas habituel ?
L’auteur de ces lignes se permet de le rappeler à ceux qui ont la mémoire courte : la semaine du 8 septembre, le Népal n’était, dans la presse, que feu et sang, la génération Z prenait le pouvoir et d’ailleurs toute révolution éclatant dans le monde, Madagascar ou Sri Lanka, était marquée du même sceau. La police a effectivement tué des dizaines de manifestants, mais était-elle en mesure de maintenir l’ordre avec des armes datant de la 2ème guerre mondiale et des troupes recrutées par copinage, sans formation ?
Or celle qui est devenue Première ministre en accord avec des représentants de cette génération, ce que certains ont jugé inconstitutionnel, Mme Sushila Karki avait 73 ans, âge très éloigné de celui de cette « génération Z » pourtant représentative d’un pays où l’âge médian se situe à environ 25 ans.
Mais la différence avec les autres gérontes qui ont organisé leur tour de rôle pour se succéder au pouvoir, dont le plus dangereux, le féroce Prachanda qui est le seul membre du club des leaders traditionnels à avoir remporté les élections au scrutin majoritaire uninominal, c’est que Mme Karki va céder la place car elle a accepté depuis le début d’être intérimaire.
Les élections qui viennent d’avoir lieu – car elles ont eu lieu, solidement cadrées par la Commission électorale, les bulletins de vote au besoin transportés par l’armée et leurs résultats encore soumis au contrôle de la Cour Suprême - étaient regardées de près par la communauté internationale, laquelle a un peu aidé le Népal à les organiser, l’Inde en mettant plus de 300 véhicules à sa disposition, le Japon en accordant une subvention et le PNUD en luttant contre la désinformation électorale et les menaces cyber.
Elles ont été celles de la jeunesse, avec 800 000 nouveaux inscrits et ils ont massivement voté. Une mère dont le fils a été tué par la police le 8 septembre a été candidate au sein du RSP, seul en mesure selon elle de porter le combat pour lequel il est mort : une gouvernance honnête et non des promesses démagogiques.
Pourtant, les obstacles ont été innombrables mais surmontés :
  le « mouvement national « pacifique » ( son leader était responsable de la mort de 2 personnes en mars…) a lancé une action de désobéissance civile » qui devait commencer le 23 novembre, on n’en a plus jamais entendu parler.
  des partis « communistes » se sont unifiés sous la férule de Prachanda « le féroce » sous le prétexte de l’inconstitutionnalité des élections, mais la Cour Suprême a jugé celles-ci nécessaires.
  d’aucuns ont voulu voir la main de l’étranger, soit l’Inde ou la Chine, la première étant supposée soutenir les efforts de l’ex-Roi pour retrouver son pouvoir et reconstituer un Etat hindou, ce dont rêvent certains Népalais – les élections ont fait disparaître cette menace ; en réalité les deux grandes puissances ont pris soin de ne pas se mêler de la politique intérieure népalaise, très volatile.
  mais la domination de l’Inde sur certains barrages hydro-électriques, une des principales resources du pays, s’est confirmée après que l’ex-Premier ministre Oli ait cherché sans résultat à jouer la « carte chinoise ».
  autres points délicats que la presse soulignait dès fin octobre : comment faire en sorte que les Népalais de l’étranger puissent voter ? La Cour suprême en avait pourtant enjoint le gouvernement dès 2018. Or au moins 5 millions, ¼ de l’électorat, ont été privés du droit de vote, l’interruption du trafic aérien dans le Golfe où au moins 2 Millions ont émigré ajoutant encore à l’impossibilité pratique de voter alors que leurs envois de fonds au pays représentent plus du quart de son PIB. A la différence du Bangla Desh, on ne peut voter au Népal par correspondance.
  l’une de ces ex-émigrées attire particulièrement l’attention car elle vient de concourir pour le scrutin législatif. Contre la volonté de ses parents, elle avait appris le coréen, travaillé quelque temps en Corée du Sud et créé son entreprise de retour au pays, la voici candidate.
  d’autre part, comment assurer la sécurité des bureaux de vote alors que nombre de détenus étaient encore en fuite avec des armes volées ? « Pas de démocratie sans sécurité » rappellent certains quotidiens. Une « task force » a été formée avec des représentants de l’armée, la police, la police armée et la police judiciaire, en tout 314 000 personnels de sécurité y compris des temporaires que la Police a recrutés sans tarder : les élections se sont déroulées sans violence.
  M. Kulman Ghising, vénéré comme un saint car il avait rendu la lumière confisquée par des cadres corrompus, a été ministre de l’Energie sous l’autorité de Mme Karki jusqu’au 8 janvier et a démissionné pour se présenter aux élections. On a pensé qu’il allait s’allier avec d’autres personnalités très populaires, le rappeur et Maire de Katmandou Balendra Shah dont le slogan est « bavarder moins, faire plus » et Rabi Lamichhane, présentateur de TV, mais cela ne s’est pas réalisé. Ce dernier est d’ailleurs accusé de détournement de fonds alors que Balendra Shah est sans tache : c’est donc lui qui incarne le mieux le changement.
  Parallèlement, le Parti travailliste, héraut de la lutte contre la monarchie absolue, le plus grand et le plus ancien parti du Népal a procédé au nécessaire changement de génération, Gagan Thapa (49 ans) succédant à l’ex Premier ministre (5 fois !) Sher Bahadur Deuba, 79 ans. Avec la chute de son contemporain Oli, c’est une nouvelle ère de la vie politique népalaise qui s’est ouverte.
Le débat a aussi fait rage sur des questions plus structurelles.
  Jusqu’à présent, le Premier ministre est désigné de manière indirecte : c’est le Parlement qui vote, alors que certains préféreraient qu’il soit élu directement par les citoyens – mais d’autres y voient un risque d’autoritarisme. On en est loin puisque « en un peu plus de quinze ans, le pays a vu se succéder au moins quatorze gouvernements, aucun n’étant parvenu à achever son mandat » fait observer Mme Steinmann, anthropologue.
  Le fédéralisme, inscrit dans la Constitution, ne fonctionne pas à la satisfaction générale, si bien que certains extrémistes prônent l’autonomie voire l’indépendance du Madesh, région la plus méridionale et qui s’est de longue date sentie discriminée par rapport à la capitale, d’autant que l’ex Premier ministre Oli a encore exprimé sur ses citoyens une opinion jugée raciste.
  En janvier a eu lieu un renouvellement de la chambre haute et les vieux partis du travail et UML s’y sont partagé 17 des 18 postes. Or le RSP, vainqueur des élections, devra composer avec eux pour faire voter la Loi.
Mme Karki, quant à elle, a pris soin de consulter les partis politiques pour pouvoir organiser coûte que coûte les élections.
  120 partis se sont enregistrés pour les 165 circonscriptions à scrutin majoritaire, avec 3406 candidats (dont à peine 11 % de femmes), et 64 partis ont investi 3210 candidats pour le scrutin proportionnel.
  Le taux de participation, 59%, est élevé, quoiqu’en légère baisse par rapport aux législatives précédentes (2022), du fait qu’il faut parfois marcher plusieurs km dans la neige de la montagne pour pouvoir voter. En 2022, il avait fallu 3 semaines pour procéder au dépouillement, cette fois ça devrait aller plus vite.
L’auteur de ces lignes a assisté en 2017 aux premières élections législatives normales depuis 1999 ; une foule joyeuse, parée de ses plus beaux habits se pressait vers les urnes, tant la mise en œuvre du droit de vote présentait d’importance dans ce pays.
  Résultat le plus spectaculaire, la victoire de Balendra Shah contre l’ex-Premier ministre Oli dans la circonsciption que celui-ci détenait de longue date à Jhapa. Le Maire de Katmandou, 35 ans, est une personnalité plus complexe que ce qu’en disent les medias : « rappeur »… Originaire du Madhesh, il sera le premier Premier ministre bouddhiste dans un pays à majorité hindouïste, ce qui ne l’empêche pas d’être très populaire, bel exemple de tolérance.
De fait, les partis Madhesi qui jouaient de cette image pour asseoir leur pouvoir ont été éliminés.
Le RSP a mené une campagne exemplaire par son efficacité :
Shah prononçait un discours important tous les huit jours, laissant ainsi suffisamment de temps à une équipe de 660 personnes chargée des réseaux sociaux pour amplifier chaque rassemblement.
Le RSP organisait également des tournées de présentation dans cinq à sept districts chaque jour, accompagnées de brèves apparitions quotidiennes dans l’une des sept provinces du Népal, où Shah rencontrait les électeurs et nouait des liens avec eux.
« Si vous continuez à prononcer des discours, les gens finissent par être confus », a déclaré un responsable du parti, qui a demandé à rester anonyme. « Nous laissons les partis d’opposition soulever certaines questions, puis nous y répondons une seule fois. De cette façon, notre message reste clair. »
Le système de campagne centralisé et les grands événements ont été financés directement par le parti, qui a reçu d’importants dons de la part de Népalais vivant à l’étranger, en particulier aux États-Unis, selon deux responsables.
Le RSP a ainsi pris la place, social-démocrate, du parti travailliste et éliminé l’ UML « communiste ».
Plus prometteuse encore, la fin d’une vie politique fondée sur des cadres indéboulonnabeles au profit de la méritocratie.
Enfin, la Constitution de 2015 a été revalidée alors qu’elle était contes-tée puisqu’elle permet de gouverner pleinement, au besoin avec la majorité des deux tiers.

Conclusion : 1/ au moment où ces lignes sont écrites, on ne sait pas, même si les médias occidentaux ont déjà annoncé le résultat, si la victoire du RSP (il faut 138 voix à l’Assemblée pour gouverner) va déboucher rapidement sur la constitution d’un gouvernement dirigé par le Premier ministre Balendra Shah malgré la rivalité de Rabi Lami-chhane, également populaire, qui seront les ministres et surtout quelles politiques seront mises en œuvre.
Au moins peut-on souhaiter que l’ex-Premier ministre Oli, reconduit par son parti dans une ambiance irréelle mais sévérement battu électora-lement, prenne enfn sa retraite, coupant l’herbe sous le pied de ceux qui voudraient qu’il aille en prison à cause des 19 jeunes morts avant qu’il démissionne.
2/ Le Népal mérite que la corruption ne l’empéche plus de progresser, que sa jeunesse puisse vivre et travailler au pays et non partir de longues années et parfois mourir – la presse parle de 3 ou 4 morts par jour et l’auteur de ces lignes a vu, à la sortie de l’aéroport de Katmandou, un de ces cercueils - sur les chantiers du Golfe.
Il faut espérer que c’est à ces enjeux que vont se consacrer les vain-queurs. Il en est grand temps, alors que la Banque mondiale a revu à la baisse ses prévisions de croissance (sauf celle du déficit commercial) que le taux de prêts non performants est en hausse et que la dette, en-core modérée, augmente : il est nécessaire que le climat des affaires s’améliore.
Il faut aussi continuer la lutte engagée par le gouvernement provi-soire de Mme Karki contre le blanchiment et quitter la liste grise du GAFI. Le ministre des Finances a engagé les réformes requises et est conscient que la faiblesse relative des entrées d’investissements directs étrangers reflète avant tout un déficit de confiance dans le système fi-nancier national. Les priorités portent sur le renforcement des enquêtes, des poursuites et des sanctions dans les affaires de blanchiment, avec des exigences accrues en matière de preuves et des mécanismes rapides de saisie des avoirs. Les enjeux de transparence concernent à la fois le système financier et le marché des capitaux.
Le secteur privé, à travers différentes instances, souhaite la stabilité politique et la sécurité des investisements : tout reste à faire dans ce domaine.
Un exemple particulièrement criant : le projet hydro-électrique de Budhi-Gandaki, 1200 MW, une ressouce essentielle pour le Népal, est en panne depuis un quart de siècle. La société Tractebel en a prouvé la faisabilité en 2011 mais des projets de financement successifs ont été décidés puis annulés pour raison politique jusqu’à ce que la Commis-sion nationale de planification, dont le vice-Président Swarnim Wagle sera peut-être le prochain ministre des finances, préconise un finance-ment étatique.

3/ La campagne électorale a favorisé des comportements qui évoquaient les « vieux » partis plus que l’exigence de dévouement de la généra-tion Z. Dans un pays fortement balkanisé, la quête par chaque région de son identité, en particulier celle de la région la plus peuplée du Népal, le Madhesh, vont constituer des enjeux pour cette nouvelle direction politique. On ne peut que partager le vœu de Nepali Times après les élections :
« L’ajout de couches de bureaucratie, de comités et de politique parti-sane aux niveaux fédéral, provincial et local a entraîné une résistance à l’objectif simple de faciliter la vie des Népalais.
Le Népal est en train de prendre un nouveau départ, et les prochains mois montreront si le pays est sur la bonne voie avec son gouverne-ment de nouvelle génération. »

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Nepal, the elections have taken place
NB : Thanks to Nepali friends who helped us write this article as accurately as possible, in particular Sujeev Shakya, Kunda Dixit, founder and editorialist of the weekly Nepali Times, and press review at the French Embassy.

Elections have taken place, isn’t that usual ?
The author of these lines would like to remind those with short memories that in the week of 8 September, Nepal was, in the press, nothing but fire and blood, with Generation Z taking power and every revolution breaking out around the world, from Madagascar to Sri Lanka, marked by the same seal. The police did indeed kill dozens of demonstrators, but were they able to maintain order with weapons dating from the Second World War and troops recruited through cronyism, without training ?
However, the woman who became Prime Minister in agreement with representatives of this generation, which some considered unconstitutional, Ms Sushila Karki, was 73 years old, a far cry from the age of this ‘Generation Z’, which is nevertheless representative of a country where the median age is around 25.
But the difference between her and the other elders who organised their turn to succeed each other in power, of whom the most dangerous, the ferocious Prachanda, who is the only one from the traditional leaders’ club who won the first past the post elections (scrutiny uninominal)
is that Ms Karki will step down because she agreed from the outset to be interim leader.
The elections that have just taken place –because they did indeed take place, firmly supervised by the Electoral Commission, with ballot papers transported by the army when necessary and the results still subject to review by the Supreme Court – were closely watched by the international community, which helped Nepal to organize them, with India providing over 300 vehicles, Japan granting a subsidy, and the UNDP working to combat electoral disinformation and cyber threats.

These were elections for young people, with 800,000 new voters registering and voting en masse. A mother whose son was killed by the police on 8 September stood as a candidate for the RSP, which she believed was the only party capable of continuing the fight for which he died : honest governance rather than demagogic promises.
However, there were countless obstacles, but they were overcome :
 The ‘peaceful’ national movement (whose leader was responsible for the deaths of two people in March) launched a civil disobedience campaign that was supposed to begin on 23 November, but nothing more was ever heard about it.
 ‘Communist’ parties united under the leadership of Prachanda ‘the Fierce’ on the pretext that the elections were unconstitutional, but the Supreme Court ruled that they were necessary.
 Some wanted to see the hand of foreign powers, either India or China, with the former supposedly supporting the former king’s efforts to regain power and rebuild a Hindu state, which is the dream of some Nepali. The elections removed this threat ; in reality, the two major powers were careful not to interfere in Nepal’s highly volatile domestic politics.
  However, India’s dominance over certain hydroelectric dams, one of the country’s main resources, was confirmed after former Prime Minister Oli unsuccessfully attempted to play the ‘China card’.
 Other sensitive issues highlighted by the press since late October : how to ensure that Nepali citizens abroad can vote ? The Supreme Court had ordered the government to do so in 2018. However, at least 5 million people, a quarter of the electorate, were deprived of their right to vote. The interruption of air traffic in the Gulf, where at least 2 million people have emigrated, further added to the practical impossibility of voting, even though their remittances to the country represent more than a quarter of its GDP. Unlike Bangladesh, postal voting is not possible in Nepal.
  One of these former emigrants is attracting particular attention because she has just stood for election to the legislature. Against her parents’ wishes, she learned Korean, worked for a while in South Korea and set up her own business on her return home. Now she is a candidate.
 On the other hand, how can the security of polling stations be ensured when many prisoners are still on the run with stolen weapons ? ‘There can be no democracy without security,’ some newspapers pointed out. A task force was formed with representatives from the army, the police, the armed police and the judicial police, totalling 314,000 security personnel, including temporary staff recruited by the police without delay. The elections took place without violence.
 Mr Kulman Ghising, revered as a saint for restoring electricity that had been confiscated by corrupt officials, served as Energy Minister under Ms Karki until 8 January, when he resigned to stand for election. It was thought that he would join forces with other very popular figures, such as rapper and Kathmandu Mayor Balendra Shah, whose slogan is ‘talk less, do more’, and TV presenter Rabi Lamichhane, but this did not happen. The latter is accused of embezzlement, while Balendra Shah is unblemished : he is therefore the one who best embodies change.
 At the same time, the Labour Party, the champion of the fight against absolute monarchy and the largest and oldest party in Nepal, has undergone the necessary generational change, with Gagan Thapa (49) succeeding former Prime Minister (five times !) Sher Bahadur Deuba, 79. With the fall of his contemporary Oli, a new era in Nepali political life has begun.
The debate has also raged over more structural issues.

 Until now, the Prime Minister has been appointed indirectly : Parliament votes, while some would prefer him or her to be elected directly by the citizens – but others see this as a risk of authoritarianism. We are still a long way from this, as ‘in just over fifteen years, the country has seen at least fourteen successive governments, none of which has managed to complete its term of office,’ notes Ms Steinmann, an anthropologist.
  Federalism, enshrined in the Constitution, does not work to everyone’s satisfaction, so much so that some extremists advocate autonomy or even independence for Madesh, the southernmost region, which has long felt discriminated against by the capital, especially since former Prime Minister Oli has again expressed what is considered a racist opinion about its citizens.
In January, the upper house was renewed and the old Labour and UML parties shared 17 of the 18 seats. However, the RSP, which won the elections, will have to work with them to get the law passed.
  Ms Karki, for her part, took care to consult the political parties in order to organise the elections at all costs.
  120 partis registered for the 165 majority constituencies, with 3,406 candidates (only 11% of whom were women), and 64 parties nominated 3,210 candidates for proportional representation.
 The turnout rate was high at 59%, although slightly lower than in the previous legislative elections (2022), due to the fact that voters sometimes had to walk several kilometres through snow-covered mountains to cast their ballots. In 2022, it took three weeks to count the votes, but this time it should be quicker.
The author of this article witnessed the first normal parliamentary elections since 1999 in 2017 ; a joyful crowd, dressed in their finest clothes, flocked to the polls, such was the importance of the implementation of the right to vote in this country.
  The most spectacular result was Balendra Shah’s victory over former Prime Minister Oli in the constituency that Oli had long held in Jhapa. The 35-year-old mayor of Kathmandu is a more complex figure than the media portray him as a ‘rapper’... Originally from Madhesh, he will be the first Buddhist prime minister in a predominantly Hindu country, which does not prevent him from being very popular, a fine example of tolerance.
In fact, the Madhesi parties that played on this image to consolidate their power were eliminated.
The RSP ran an exemplary campaign in terms of its effectiveness :
Shah gave an important speech every eight days, leaving enough time for a team of 660 people in charge of social media to amplify each rally.
The RSP also organised presentation tours in five to seven districts every day, accompanied by brief daily appearances in one of Nepal’s seven provinces, where Shah met voters and forged links with them.
‘If you keep giving speeches, people end up confused,’ said a party official, who asked to remain anonymous. ‘We let the opposition parties raise certain issues, then we respond to them once. That way, our message remains clear.’
The centralised campaign system and large events were funded directly by the party, which received significant donations from Nepali living abroad, particularly in the United States, according to two officials.
The RSP thus took the place, social-democratic, of the Labour Party and eliminated the ‘communist’ UML.
Even more promising is the end of a political system based on unshakeable cadres in favour of meritocracy.
Finally, the 2015 Constitution was upheld despite being contested, as it allows the government to exercise full authority, if necessary with a two-thirds majority.

Conclusion : 1/ At the time of writing, it is not known, even though the Western media have already announced the result, whether the victory of the RSP (138 votes are needed in the Assembly to govern) will quickly lead to the formation of a government led by Prime Minister Balendra Shah, despite the rivalry of Rabi Lamichhane, who is also popular, who the ministers will be and, above all, what policies will be implemented.
At least we can hope that former Prime Minister Oli, reappointed by his party in an unreal atmosphere but severely defeated at the polls, will finally retire, cutting the ground from under those who would like to see him go to prison because of the 19 young people who died before he resigned.
2/ Nepal deserves to see corruption no longer hinder its progress, and for its young people to be able to live and work in their own country rather than leaving for many years and sometimes dying – the press reports three or four deaths per day, and the author of this article saw one of these coffins at Kathmandu airport – on construction sites in the Gulf.
It is to be hoped that the winners will devote themselves to these issues. It is high time, given that the World Bank has revised its growth forecasts downwards (except for the trade deficit), that the rate of non-performing loans is rising and that debt, although still moderate, is increasing : the business climate needs to improve.
It is also necessary to continue the fight against money laundering initiated by Ms Karki’s interim government and to leave the FATF grey list. The Minister of Finance has undertaken the necessary reforms and is aware that the relative weakness of foreign direct investment inflows reflects above all a lack of confidence in the national financial system. Priorities include strengthening investigations, prosecutions and sanctions in money laundering cases, with increased evidentiary requirements and rapid asset seizure mechanisms. Transparency issues concern both the financial system and the capital market.
The private sector, through various bodies, wants political stability and investment security : everything remains to be done in this area.
A particularly striking example is the 1,200 MW Budhi-Gandaki hydroelectric project, an essential resource for Nepal, which has been out of service for a quarter of a century. Tractebel proved its feasibility in 2011, but successive financing projects were decided and then cancelled for political reasons until the National Planning Commission, whose vice-president Swarnim Wagle may be the next finance minister, recommended state financing.

3/ The election campaign favoured behaviours that evoked the ‘old’ parties rather than the dedication required of Generation Z. In a highly balkanised country, each region’s quest for identity, particularly that of Nepal’s most populous region, Madhesh, will be a challenge for this new political leadership. One cannot help but share the Nepali Times’ wish after the elections :
"The addition of layers of bureaucracy, committees and partisan politics at the federal, provincial and local levels has led to resistance to the simple goal of making life easier for Nepali people.
Nepal is making a fresh start, and the coming months will show whether the country is on the right track with its new generation of government."